Mobilité en italie : l'europe dénonce un enjeu majeur pour l'avenir
L'Italie accuse un retard considérable en matière de transport en commun, se classant à la deuxième position du pays européen le moins performant en termes d'utilisation.
Les conséquences se font sentir : congestion routière et coûts sanitaires explosifs.
Selon une étude d'Eurostat, près de sept italiens sur dix ne recourent jamais aux transports publics. Cette situation, exacerbée par une congestion routière en constante augmentation, engendre des conséquences profondes sur l'environnement et la santé publique. Les embouteillages, notamment à Rome et Milan, coûtent à l'Italie plus de 76 heures de conduite par an, avec une vitesse moyenne de seulement 20 km/h. Cette perte de temps se traduit aussi par des coûts environnementaux et économiques substantiels.
Le trafic routier contribue à 26% des émissions de gaz à effet de serre en Italie, principalement dues aux voitures. Plus précisément, il est responsable de 60% des émissions d'oxydes d'azote, 50% des émissions de particules fines et 13% des émissions de particules PM10. La situation sanitaire n'est pas meilleure : la pollution atmosphérique liée au trafic est directement imputable à une augmentation des maladies respiratoires et cardiovasculaires. Les conséquences sur la santé sont alarmantes.
Les raisons de ce faible recours aux transports en commun sont multiples. Sécurité des infrastructures, qualité des véhicules, manque de fiabilité et d'efficacité : autant d'éléments qui poussent les citoyens à privilégier la voiture individuelle. Le président de la Société italienne de Médecine environnementale (Sima) souligne que la perception d'un manque de sécurité dans les transports en commun, combinée à des conditions souvent insalubres, freine l'usage du bus, du tramway, du train ou du métro.

Les chiffres clés : un écart important par rapport aux autres nations européennes.
En 2024, seuls 10,7% des personnes de 16 ans et plus utilisaient quotidiennement les transports en commun en Europe. En Italie, ce chiffre est encore plus faible : seulement 68% des hommes et 68,2% des femmes n'utilisent jamais les transports en commun. Cette tendance est particulièrement marquée chez les personnes à risque de pauvreté et d'exclusion sociale. Il est clair que le modèle de mobilité actuel est insoutenable.
L'étude Inrix Global Traffic Scorecard confirme cette détérioration, plaçant Rome au 17e rang mondial pour la congestion routière et Milan au 24e. La solution ? Investissements massifs dans un réseau de transport en commun moderne, fiable et sécurisé. C’est une nécessité, pas une option. Car la qualité de vie des citadins, et la santé du pays, en dépendent.
Ce n'est pas une surprise : l'Italie doit agir, et vite.
