Infantino, une expansion mondiale risquée au service d'un ego

Gianni Infantino, le président de la FIFA, a officialisé une révolution : la participation de 48 équipes supplémentaires à la Coupe du Monde de 2026. L’objectif affiché ? Dépasser les 32 équipes habituelles et ouvrir les portes du tournoi à un nombre inédit de nations.

Un projet ambitionneux, mais sceptique

Un projet ambitionneux, mais sceptique

L’argument avancé par Infantino est simple : une plus grande compétition induit une plus grande rivalité, et par conséquent, un investissement accru. Il rêve d'une expansion à l'échelle du continent africain, voire au-delà, pour créer un véritable circuit de développement. Mais derrière cette façade de progrès se cache une stratégie plus cynique : le président suisse cherche à consolider son pouvoir et à détourner l'attention des scandales qui continuent de hanter l'institution.

L’annonce, faite lors d’un forum à Los Angeles, a immédiatement suscité la controverse. Les critiques se multiplient, notamment concernant la capacité des infrastructures américaines à supporter un tel événement, et surtout, la réelle volonté des investisseurs américains de véritablement s'engager au-delà de leurs frontières traditionnelles. Infantino, lui, persiste, affirmant que les États-Unis, malgré leur réputation de puissance économique, restent à un niveau de participation sportive déplorable, se contentant d'un 20ème rang dans le sport roi.

Il insiste sur le fait que l’expansion n’est pas seulement une question de nombre. Il s’agit de redéfinir les équilibres géopolitiques du football, de briser l’hégémonie européenne et de transformer le tournoi en un véritable spectacle mondial. Une ambition démesurée, pour certains, qui risque de diluer la qualité du jeu et de créer un fiasco logistique d'une ampleur considérable.

La semaine dernière, à Vancouver, Infantino a tenté de calmer les esprits, notamment en assurant la participation de l'Iran, une question litigieuse qui avait alimenté les spéculations. Mais la question de la crédibilité de la FIFA, déjà fragilisée par les accusations de corruption, ne cesse de croître. La décision de re-élire Infantino en 2027 représente un pari risqué, un pari sur la capacité du président à masquer les dysfonctionnements internes et à maintenir l’illusion d’une réforme profonde.

La FIFA, avec Infantino à la barre, semble plus intéressée par la gestion de l’image que par la promotion du football. La Coupe du Monde 2026 sera sans aucun doute un événement majeur, mais elle risque aussi de devenir un symbole de la dérive autoritaire et de la manipulation au sein de l’institution.