Infantino, une mascarade pour le fifa forward ?

Gianni Infantino tente de dissimuler un projet qui, loin de renforcer les associations, risque de les asservir à une logique commerciale opaque. La FIFA, par le biais de son initiative « FIFA Forward Enterprise » (FFE), s’arroge un rôle de gestionnaire des revenus et des opérations, laissant les fédérations nationales dans une position de dépendance.

Un « processus démocratique » qui cache une volonté de contrôle

Un « processus démocratique » qui cache une volonté de contrôle

Le Suédois, via un long communiqué vidéo (près de cinq minutes), insiste sur le caractère « opportuniste » de cette proposition. Il parle de « consultation », mais la réalité est bien plus pragmatique : le FFE est une offre, une entité potentielle dont la création dépend de l’approbation de la majorité des 211 associations membres et du conseil de la FIFA. Autrement dit, si l’accord est donné, la FIFA prend le contrôle total.

20 millions de dollars par association : Infantino promet un accès à un financement potentiel de 40 millions de dollars pour chaque membre associé, une manne alléchante, certes. Mais ne nous y trompons pas, il s’agit d’une opération financière, pas d’un véritable soutien au développement du football à l’échelle mondiale. Il faut lire entre les lignes : la FIFA cherche à maximiser ses revenus, et les associations membres sont les pions de ce jeu.

Il insiste sur le fait que l’objectif est de « libérer un valeur commerciale » inexploitée. Une valeur qui, ironiquement, profitera avant tout à la FIFA. Il est clair que ce « FIFA Forward Enterprise » n'est pas une initiative altruiste, mais une stratégie de consolidation du pouvoir et de contrôle financier de l’instance dirigeante du football.

La pierre angulaire du Sport : Infantino conclut en rappelant que les supporters restent la priorité. Une phrase creuse, en réalité, face à l'évolution profonde du modèle économique du football. La FIFA continue de gouverner, et la Coupe du Monde Féminine, symbole de son autorité, restera inchangée. Mais la question demeure : à quel prix cette stabilité ?

Loin de se défendre, Infantino a dévoilé des détails supplémentaires, notamment l’accès à 20 millions de dollars supplémentaires par association via le programme « FIFA Fast Forward ». Un effort de façade pour adoucir l’image d’une réforme qui, en réalité, fragilise les petites fédérations et renforce le monopole de la FIFA. Il est temps de passer à l'analyse, sans illusions ni complaisance.